Saint-Louis, ce col qui fait plier les genoux : mode d'emploi d'une légende audoise
Il y a des cols qu'on franchit, et des cols qui vous marquent au fer rouge. Le col de Saint-Louis appartient clairement à la deuxième catégorie. Niché au cœur d'un écrin de garrigue et de vignes, ce mur audois revient presque chaque année sur le parcours du Tour, et il n'a jamais épargné personne.
La fiche technique qui fait peur
Résumons sans détour : environ 6 kilomètres d'ascension pour une pente moyenne avoisinant les 7 %, avec un passage redouté où le pourcentage flirt avec les 12 %. Le tout sur un revêtement parfois rustique, sous un soleil de plomb qui n'épargne personne en été. « Ce n'est pas le plus haut col des Pyrénées, mais c'est peut-être celui qui fait le plus mal », résume un entraîneur régional.
Pourquoi les coureuses le redoutent tant
Le piège de Saint-Louis, c'est son profil en dents de scie. On croit la pente passée, elle revient. On pense s'être calé, un virage en épingle remet les watts à zéro. « Le premier kilomètre te ment, confie une coureuse passée par l'Aude l'an dernier. Tu gères, tu gères… et après le troisième virage, tu comprends que la course commence vraiment. »
Historiquement, c'est souvent ici que se sont jouées les grandes escapades. Les teams savent qu'un attaque bien calé sous la barre des deux derniers kilomètres est presque impossible à reprendre, tant la route serpente et tant les relais deviennent impossibles.
Côté terrain : les conseils des locaux
Vous voulez venir reconnaître la pente avant le passage du peloton ? Quelques conseils de vétérans du club local :
- Partez tôt : la chaleur dans la vallée est un adversaire à part entière.
- Ne partez pas trop vite : les trois premiers kilomètres sont trompeurs, gardez des réserves pour la partie finale.
- Emportez de quoi boire : deux bidons minimum, il n'y a aucune source sur le versant.
- Profitez de la vue : au sommet, la panorama sur les Corbières vaut à lui seul l'effort. Enfin, quand vous avez repris votre souffle.
Une pierre, une histoire
Au-delà du chrono, ce col porte en lui la mémoire du territoire. Son nom, ses cabanes de bergers, ses vignes accrochées à flanc de coteau : Saint-Louis raconte l'Aude rural, celui des petits chemins et des grands efforts. Les habitants se d'ailleurs un point d'honneur chaque année à décorer les derniers hectomètres de banderolles et de craies sur la route.
Rendez-vous au sommet
Quand le peloton féminin fera grimper la bosse, attendez-vous à des sélections sans pitié et à des visages déformés par l'effort. Et si vous voulez vivre le meilleur moment de la course, installez-vous dans les deux derniers virages : c'est là que tout se joue, et c'est là que le vélo est le plus beau. On vous attend, cloche à la main.