Trois lectrices, un col, zéro triche : le grand test de l'Alaric à vélo
Photo: Agence Rol. Agence photographique (commanditaire), Public domain, via Wikimedia Commons
Il y a des cols qui se courent, et il y a l'Alaric, qui se vit. Cette montagne qui veille sur la plaine de la Barguillière, entre Capendu et Douzens, le peloton féminin la connaît par cœur : ses pentes régulières, son écrin de garrigue, ce panorama à 360 degrés sur la Montagne Noire et les Pyrénées par jour clair. Alors quand trois de nos lectrices — Marie-José, 58 ans, cycliste du dimanche ; Léa, 31 ans, triathlète confirmée ; et Camille, 44 ans, VTTiste reconvertie à la route — nous ont écrit pour proposer un test grandeur nature, on a dit banco.
Le protocole : même vélo, même route, trois destins
Le principe était simple, presque cruel. Un vélo de location à disque frein, triple plateau rassurant, loué dans un atelier de Carcassonne. Le même parcours : départ à Capendu, montée par la route D511 jusqu'au plateau, environ 8 kilomètres à une moyenne de 5 %. Trois horaires décalés pour éviter le trafic, une météo clémente de fin d'après-midi, et l'interdiction formelle de comparer les temps avant la bière de la récup.
Marie-José, la sagesse des petits braquets
« Je suis partie avec la conviction que j'allais marcher plus que rouler », rigole Marie-José. Verdict : aucune marche, mais un rythme de promeneuse éclairée. Son astuce ? « J'ai mis le plus petit plateau dès les premiers mètres et je ne l'ai plus quitté. L'Alaric, ce n'est pas une guerre, c'est une conversation. » Elle a mis 52 minutes, avec deux arrêts photo obligatoires devant les vignes qui descendent vers le Fresquel.
Léa, la compétitive qui a appris l'humilité
Léa attaquait fort, cadence haute, élastique dans les jambes. Mais le vent d'est, discret en plaine, s'est invité sur les portions à découvert. « J'ai compris pourquoi le Cers est une légende ici. J'ai fini en 34 minutes, mais les trois derniers kilomètres, je les ai faits à l'instinct et à l'orgueil. » Son conseil : « Ne partez jamais en pensant que le pourcentage est régulier. L'Alaric raconte des blagues. »
Camille, la VTTiste qui a découvert la route
Habituée aux singles des Corbières, Camille a d'abord tiqué devant le bitume. Puis elle a compris l'intérêt : « Sur la route, tu ne peux pas poser le pied. Tu négocies avec toi-même. C'est plus intime que le VTT. » Elle a grimpé en 41 minutes, en dansant sur les rampes courtes, et avoue avoir pleuré un peu au sommet. « De bonheur. Et de jambes. »
Ce que l'Alaric vous apprend
Au-delà des chronos, les trois lectrices sont revenues avec la même conviction : cette montagne, que le Tour de l'Aude a rendue mythique, est accessible à condition de respecter trois règles.
Préparez votre braquet. Une cassette à grand développement (34 dents minimum) transforme l'expérience. Les ateliers de location autour de Carcassonne et de Lézignan-Corbières le proposent sans supplément, il suffit de demander.
Emportez deux bidons. Aucun point d'eau fiable sur l'ascension, et la garrigue renvoie la chaleur bien après le coucher du soleil. En été, partez avant 10 heures ou après 17 heures.
Redescendez en sagesse. Les virages de la descente vers Capendue sont rapides et parfois glissants au printemps, quand les vignes viennent d'être traitées. Les trois lectrices ont toutes freiné plus que prévu. Aucun regret.
Et le Tour dans tout ça ?
Quand le peloton féminin passe l'Alaric, il le monte deux fois plus vite et en soufflant deux fois moins. Mais c'est précisément ce qui rend l'exercice passionnant pour nous, mortels : on touche du doigt l'écart entre le spectacle et la pratique. Marie-José le résume mieux que personne : « Maintenant, quand je regarde les coureuses à la télé, je sais ce que ça fait. Je les regarde différemment. Avec plus d'amour, si c'est possible. »
Alors, prêtes à tenter l'expérience ? Partagez vos temps et vos souvenirs en commentaire — et si vous avez fait l'Alaric à vélo, racontez-nous. On publie les meilleures histoires, crampes comprises.